Archives de Catégorie: les médecins

Découverte de l’acupuncture

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Aujourd’hui j’avais le tout premier rendez vous de ma vie chez une acupunctrice. Tout le long de la route j’ai réfléchi à ce que j’allais lui dire quand elle me demandera « qu’est-ce qui vous amène ? »

J’ai mon petit scénario en tête quand j’arrive au cabinet. J’ouvre une porte et je trouve un petit couloir dans le noir. Mouais, ça ne m’inspire guère. J’ouvre une deuxième porte qui donne sur un deuxième couloir avec plein de moquette au mur. Ca pue la poussière. Re-mouais.

Aller chez l’acupuncteur, je voyais ça plutôt cozy : cabinet moderne, encens et affiche zen au mur. Que nenni : bienvenue à Vioque Land !

Allez, je pousse jusqu’à la salle d’attente où la moquette est maintenant au mur ET au sol. Beurk ! Et en plus de la poussière, ça sent le vieux (tu sais, la bonne odeur de renfermé ? Dégueulasse). En plus y’a une vieille dans la salle qui n’arrête pas de racler sa gorge. Ca m’énerve.

Après un petit quart d’heure de retard je suis appelée. L’acupunctrice est plutôt âgée. Elle ne me regarde pas trop, prend une fiche et commence à me poser plein de questions avec une certaine froideur qui me met mal à l’aise. Après m’avoir demandé si j’avais des enfants, elle me demande le pourquoi de ma venue. Je lui balance donc que c’est pour ça que je viens et là je sors ma petite tirade apprise par cœur : nette et précise. Elle pose quelques questions pour en savoir plus (mon parcours détaillé, détail de la FIV, date du prochain transfert, etc.). Elle me demande si le moral va. Mais à peine ai-je répondu qu’elle chasse ma réponse par une autre question. Ok, niveau empathie c’est toujours pas là que je la trouverai… Puis elle me demande de m’allonger en sous-vêtements, sans même m’avoir expliqué ce qu’elle compte faire, ce sur quoi elle veut travailler. J’hallucine ! En me déshabillant je lui pose donc la question. Elle me répond : « un peu tout. Le stress, la difficulté d’endormissement, la question hormonale ».

Mouais en gros, t’as pas trop envie de te faire chier à répondre à mes questions. Allez, je lâche prise, je m’assieds. Quelques piqûres dans le dos. Ca picote et n’est pas très agréable. Puis je m’allonge sur le dos (WTF ?! Mais j’ai des aiguilles de plantées non ?!). Apparemment, on peut quand même s’allonger. Et effectivement, je ne sens pas les aiguilles en m’allongeant. Dingue.

Et vas-y qu’elle m’en plante dans les pieds, en haut du pubis, les poignets, les bras. Puis hop une couverture, extinction des feux et elle se barre en me disant qu’elle revient dans 20 min. (En fait elle file chercher le patient suivant et l’emmène dans une autre salle. Oui appelez-moi La Sentinelle. J’entends tout.)

Bon je me détends, pense à plein de trucs. Ca s’espace. Je ferme un peu les yeux et je sens la fatigue me submerger. Finalement, je ne sens pas du tout les aiguilles et je suis bien sous ma couverture. Il s’est bien passé une demi-heure quand la vieille morue revient. Allez hop j’t’enlève les aiguilles, allez hop donne moi ta carte vitale, allez hop paye moi 38 euros. Elle me dit qu’il faut remettre un RDV pour bien préparer le transfert et en remettre sûrement un après pour favoriser la nidation. Bon quitte à avoir commencé, autant aller au bout de la démarche, alors j’ai opiné du chef pour un second RDV, bien que mon cœur n’y tenait pas trop. Par contre, je lui ai signalé qu’étant donné on allait me transférer des embryons de 6 jours, si un 3ème RDV il doit y avoir pour « favoriser la nidation », il faudra le caler vraiment juste après le transfert. Car si elle me le pose une semaine après, je ne vois pas trop l’intérêt.

Bref, vous l’aurez compris, je ne suis pas hyper convaincue de la chose. J’ai bien aimé quand j’étais tranquillou bilou sous ma couette. Mais en ce qui concerne la personnalité froide du médecin, le cabinet vieillot pas du tout engageant et le manque d’explication de sa part, je ne suis pas vraiment emballée emballée. Mais bon, comme dis plus haut, je vais faire mes 3 RDV et après je n’y mettrai plus les pieds.

« Change d’acupuncteur » me direz-vous. Le souci est que dans ma région il n’y a que 2 acupuncteurs ! L’autre est de réputation, pas très bavard et pas engageant non plus. Voilà pourquoi j’avais choisi celle dont je n’avais pas de retours. Bon bah, mauvaise pioche.

Mais bon, je me dis que c’est une expérience de plus et que ça ne peut pas me faire de mal. Et puis, c’est pas comme si je n’étais pas habituée aux médecins peu loquaces ! Une de plus à rajouter sur ma liste des vieux croûtons !

Grosse pensée à Simone pour son transfert de demain et à Mamzelle Fleur pour l’épreuve terrible qu’elle traverse (si tu passes par là, je t’envoie un gros câlin).

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Vous parler de ma fausse couche…

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Suite à l’échec de ma première stim’ post drilling, la déception a été immense. Je suis d’un naturel battant. C’est rare que les coups me portent à terre très longtemps. C’est pourquoi après une soirée morose lundi (avec pourtant la belle association Leffe/clope qui d’habitude me rebooste),  ça allait déjà beaucoup mieux le lendemain. Néanmoins, je me rends compte que même si j’affiche un beau sourire, j’ai quand même le coeur qui s’est fissuré encore un peu plus. Malgré ma vie à 100 à l’heure (plein de boulot, mon mariage à préparer, la course à pied, etc. ), je trouve toujours le moyen d’avoir mes pensées centrées sur la PMA et mes échecs qui n’en terminent pas. Cet état de morosité intérieur m’a fait ressasser de vieux souvenirs douloureux. Par là je pense à ma fausse couche. J’en ai très peu parlé autour de moi car à l’époque tout a été très vite. Et j’ai été éduqué comme ça : quand tu as mal, tu le gardes pour toi. Et c’est un événement si banal, je ne voyais pas l’intérêt d’en parler autour de moi. Et puis si c’était pour qu’on me dise : « ha mais tu sais, ça arrive dans 25% des cas, c’est tellement courant ». Je n’avais SURTOUT pas envie d’entendre ça. OUI, une fausse couche c’est banal, mais ça n’empêche que ça fait mal. Ca n’empêche que lorsque ça arrive on a envie d’avoir de la compassion de la part de son entourage. Dédramatiser fait passer cette épreuve pour insignifiante alors que NON ce n’est pas insignifiant. C’est pour ça qu’aujourd’hui je veux en parler. Parce que ce n’est pas un événement insignifiant et que ce n’est pas parce que c’est banal que ce n’est pas grave. Cette fausse couche a eu des conséquences dramatiques sur mon couple, c’est pour ça que je ne veux pas le garder pour moi plus longtemps et extérioriser ça maintenant… C’était il y a 4 ans…

L’idée d’avoir des enfants me turlupinait depuis l’obtention de mon concours et mon entrée dans la vie active. Cela faisait 5 ans que Flonflon et moi filions le parfait amour quand j’ai commencé à le harceler lui en parler. Lui n’était pas près. J’avais 24 ans, lui 27. Il voulait continuer les voyages, l’insouciance. On venait d’emménager dans une région où on ne connaissait personne. A part mon nouveau boulot et lui, je n’avais rien. J’étais en manque de vie sociale, d’amis, de projets. Alors, sans m’en rendre compte, j’ai transformé ce désir d’enfant en obsession. En 2010, il m’a enfin dit « oui ». Après l’analyse de tous ces événements, je pense qu’il a senti que je m’éloignais et a dit « oui » pour qu’on se rapproche à nouveau. Bref, tout à fait les bonnes raisons pour avoir des enfants quoi ! J’ai arrêté la pilule tout en continuant de se protéger pour repérer mes cycles. Je suis restée 5 mois sans avoir mes règles, j’ai consulté, vécu ma première écho endochattale et le verdict OPK est tombé. Ca ne nous a pas perturbé plus que ça car le médecin (Dr Zarbe pour ne pas le nommer) nous a assuré qu’avec un petit coup de pouce je serai vite enceinte. Deux mois après, en octobre 2010 je commençais un cycle sous clomid. A cette période, rien ne va plus entre Flonflon et moi. C’est très tendu : il est beaucoup en déplacements, tarde à faire le spermo que le médecin lui a prescrit, ne se sent pas concerné par le traitement que je prends, me fait des crises de jalousie, et j’en passe. De mon côté je suis obnubilée par mon désir d’enfant, je suis très froide avec lui, je m’éloigne inconsciemment et vit cela toute seule. Je n’en parle à personne. Vient le moment de faire le test de grossesse. Moi qui suis obsédée par ce désir depuis 2 ans, au moment de lire le résultat, je prie pour qu’il soit…négatif (je ne l’ai avoué à personne jusque là). C’est à ce moment là, avant de lire le résultat, que je me rend compte que quelque chose ne va pas, que mon couple va mal, très mal, qu’on s’est mis des œillères et que l’on a enfoui nos soucis bien profondément en se jetant dans ce projet d’enfant.

Le test est positif. Je file faire ma prise de sang, j’achète un autre test pour être sûre. Oui oui c’est positif. Je culpabilise des sentiments ressentis à la découverte du test. Je me convaincs que c’est une bonne nouvelle. Le soir même je l’annonce à Flonflon avec un livre pour être un « super papa ».  Nous sommes contents, on se retrouve un peu, on avance, on se projette.

Une semaine pile poil après le +++, je suis au boulot quand je commence à perdre du sang légèrement. Bizarrement, je ne m’inquiète pas trop. C’est vraiment infime et ça ne ressemble pas à du sang. En rentrant chez moi le soir, je passe vite fait à la pharmacie pour avoir leur avis. La pharmacienne me dit qu’elle préfère que je vois un médecin. Je file chez un médecin qui n’est pas le mien, et entre deux rendez vous je lui explique la raison de ma venue. Elle me dit qu’il vaudrait mieux que j’aille aux urgences (il est 18h30) pour vérifier car ça pourrait être une fausse couche. Entendre ces mots me font monter les larmes et battre mon cœur à 1000 à l’heure. Je rentre chez moi, essaye d’appeler Flonflon qui finit par arriver. Il m’emmène aux urgences gynécologiques. Après avoir patientés 20 minutes en salle d’attente avec une femme qui était prête d’accoucher, une interne vient me chercher. Elle me fait une écho endochattale mais ne voit rien. Elle me demander d’aller vider ma vessie mais ne voit toujours rien après ça. Elle me dit de me rhabiller, elle va appeler le chef de service pour faire l’écho. Elle nous emmène dans une autre pièce où on attend patiemment le médecin. La porte s’ouvre et un grand homme en blouse blanche entre comme une furie en bougonnant. Je ne comprends pas ce qu’il dit. Sur le coup j’ai même eu l’impression qu’il faisait semblant de râler (genre, tu vois, le médecin qui essaye de dédramatiser). Que nenni. Il me regarde et me dit :

« Nan mais vous croyez que les médecins sont corvéables à souhait ou quoi ? Déshabillez vous et montez sur la table ».

Je suis tellement stupéfaite, abasourdie que j’obéis en sentant les larmes monter. Une parole de plus et je sens que je vais exploser en sanglots. L’interne et Flonflon restent comme deux ronds de flan. Ce sont les seules paroles qu’il m’adressera.

Je monte sur la table et le docteur qu’on appelera Dr Konar, m’enfonce (c’est bien le terme quand on introduit un god le plus profond possible dans une patiente ?) la sonde. Je suis à poil devant Flonflon sans drap, sans rien. S’il me restait un peu de dignité, je l’ai perdu ce jour là. Le Dr Konar appuie tellement fort que j’ai mal. Je n’y tiens plus, j’éclate en sanglots. Il farfouille là dedans, dit qu’il ne voit rien (je suis enceinte de 3 semaines à ce moment là). Il continue de bougonner. Je vois l’interne et Flonflon qui ont les larmes aux yeux de me voir traitée de la sorte. Puis il enlève tout, se lève, s’approche de l’interne et lui parle sèchement. Puis il se casse. Pendant les 10 minutes qu’aura duré la consultation, pas une once d’humanité dans son regard, ses paroles ou ses gestes. Il est parti sans RIEN me dire alors que j’étais effondrée. L’interne m’explique alors qu’on va me garder en observation pendant un ou deux jours. Il y a deux possibilités : soit c’est une fausse couche, soit une GEU, soit une fausse alerte. Comme j’habite à 20 km de l’hôpital il préfère que je reste hospitalisée au cas où il s’agirait d’une GEU. L’interne nous accompagne à l’étage où je vais passer les deux prochains jours. Je continue de pleurer toutes les larmes de mon corps. Elle est gentille et me rassure dans l’ascenseur, me dit qu’il est comme ça avec tout le monde. Quelques heures après, j’étais dans ma chambre que je devais partager avec quelqu’un, sans aucune affaire à moi.

Je suis donc restée 2 jours à l’hôpital où mon taux de hcg a baissé. La fausse couche précoce a été diagnostiquée.

Au delà de la fausse où je n’ai rien senti physiquement, j’ai été lourdement blessée et meurtrie par ce séjour à l’hôpital. Nan mais sérieux, comment peut-on traiter des gens de la sorte ?! J’ai été en colère contre ce médecin, contre  l’interne qui n’a pas bougé, contre Flonflon qui n’a pas protesté alors que j’étais à poil, une sonde dans le vagin, en train de pleurer. Bref, une image que j’aimerais oublier à tout jamais.

Suite à cette fausse couche tout s’est enchainé très vite…

Je me suis enfermée : enfermée dans ma douleur, incapable d’en parler à qui que ce soit. J’ai littéralement « zappé » cet épisode, comme s’il n’avait jamais existé. Dès que quelqu’un abordait le sujet, je changeais de conversation.

J’ai fui : fui ma moitié, fui ma maison, fui cette vie.

Durant les deux mois qui ont suivi ce séjour à l’hôpital, c’est comme si j’étais spectatrice de ma vie. Je me voyais tout foutre en l’air, mais rien, pas une larme coulait. J’ai beaucoup pleuré à l’hôpital, puis de retour dans ma vie, fini. Je voyais Flonflon malheureux, qui essayait de me faire parler, qui essayait de me convaincre d’aller faire une psychothérapie de couple, qui me promettais monts et merveilles. Et moi, tout ça me rendait de plus en plus froide et distante. J’ai fini par reprendre la pilule. J’ai fini par partir.

Nous avons fait une pause d’à peine un an. Nous aurions certainement pu gérer cette crise autrement, mais à cet instant « T » c’était la seule solution. Cette année a été difficile mais putain qu’est ce qu’elle nous a fait du bien ! Je vous épargne les détails, mais quand nous nous sommes retrouvés nous étions tous les deux sereins et apaisés. Quand nous avons décidé de retourner en PMA, c’était une décision collégiale et réfléchie. Nous étions prêts à braver les éléments, nous nous sentions forts et notre couple plus solide que jamais. Et la clé de tout ? La communication. J’ai appris à me livrer, à exprimer mes malaises, à ne pas avoir honte de ce que je ressens. Et malgré tous ces échecs depuis bientôt 3 ans, malgré les médecins froids, malgré l’entourage et leurs boulettes, malgré les naissances et les annonces de grossesse qui pleuvent, malgré tout cela, notre couple est resté fort et uni.

J’essaie de voir le positif de chaque épreuve de la vie : si je n’avais pas fait de fausse couche, on n’aurait pas pu mettre toutes ces choses à plat ; on ne se serait pas remis en question ; notre enfant aurait très certainement eu des parents séparés.

Aujourd’hui je peux dire que je suis heureuse. Heureuse car quoi qu’il arrive je ne suis pas seule pour affronter ces épreuves. Nous vivons cette odyssée à deux et peu importe les péripéties, je suis persuadée que l’épilogue (à deux ou plus) sera… radieux.

Dr Paloquace et moi

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Comment ne pas commencer ce blog sans parler de celui qui me connait mieux que personne, dans les moindres recoins : mon cher Dr Paloquace, qui comme son nom l’indique n’est pas un grand bavard…
On s’est rencontrés il y a 6  ans de cela grâce à une amie à moi qu’il avait suivie durant sa grossesse. Je venais d’arriver dans la région, j’étais un peu perdue face à tous ces noms de gynécos sur les pages jaunes. J’avoue que ma préférence allait plus à une femme mais bon,  j’avais juste besoin d’un frottis de temps en temps et basta ! Alors je me suis lancée sur les conseils de mon amie et je l’ai appelé pour un premier rendez-vous. On peut le dire, notre relation a vraiment bien débuté (ha…l’insouciance des débuts…). Il a tout de suite pris les choses en main quand son connard de collègue m’a diagnostiqué des OPK. Allez, hop ! On commence par un petit Clomid ! Et là où il a marqué des points, c’est lorsque j’ai été hospitalisée 2 jours lors de ma fausse-couche en 2010 (oui, y’avait une suspicion de GEU. Ca pourra peut être faire l’objet d’un autre article plus tard). Là, j’étais au fond du gouffre comme ça m’arrive rarement (l’incertitude GEU ? Fausse-couche ? Fausse alerte ? ; ma rencontre avec le Dr Dragon, le pire enc**** que la terre n’est jamais portée). Et là, qui débarque dans ma chambre en civil (par là, je veux dire sans blouse) ? Mon cher et tendre Dr Paloquace ! Il a pris du temps pour m’expliquer et me rassurer. Bon il ne venait pas exprès à l’hôpital pour me voir. J’imagine qu’il avait un truc à y faire à la base, mais bon, l’intention y était ! Puis un mois après, il nous a reçu tous les deux, Flonflon et moi, dans son bureau pour nous réexpliquer, nous re-rassurer. Là où tout à basculé c’est en 2012 (la fameuse crise des 3 ans pardi !), là où on a repris les essais et là où ça a commencé à devenir plus sérieux. Là où j’ai voulu avoir plus d’explications sur mon « avenir », plus d’attention de sa part, plus de psychologie (oui ne vous méprenez pas, j’ai banni le mot « psychologie » du registre des médecins depuis longtemps !).

On a commencé à se voir plus souvent qu’auparavant (les petits contrôles écho du matin) et c’est là que je me suis aperçue qu’il n’y avait pas que MOI (« quoi ? Je ne suis pas votre seule et unique patiente ??? » (oui on se vouvoie)). Quelle déception ! Plus les semaines avançaient et plus je voyais ses petits travers et plus j’étais mal à l’aise :

– ne surtout pas lui parler quand il est devant son ordinateur ou son appareil échographique. Attendre qu’il te demande ta carte vitale et là, BAM, balancer en speed toutes les questions que tu avais soigneusement préparées à l’avance. Puis dans ta voiture, te rendre compte que t’en as oublié la moitié.

– être en stress avant de l’appeler. Préparer dans sa salle de bain la conversation téléphonique car tu sais que la communication va être très rapide et qu’au moindre blanc il aura raccroché.

– être en stress avant qu’il t’appelle (« putain faut pas que je le loupe ! Mais est-ce que je capte bien là ? »)

– apprendre à ravaler sa fierté quand il n’a « pas le temps » (bah oui, je vous l’ai dit, il n’a pas que moi dans sa vie médicale), qu’il te dit « on se rappelle bientôt, il faut que j’étudie votre dossier » (qui qui rappelle ? toi ? moi ? sois précis bordel !), que tu attends son appel des jours durant (oui « bientôt » n’a pas la même signification entre lui et moi)

– être en rogne contre lui pour défaut d’explications quand il te prescrit tes premières piqûres de Puregon. Allez je vous raconte cette fabuleuse histoire…

Je l’entends encore d’ici « vous verrez il n’y a rien de compliqué. Vous prenez le stylo comme ça (c’était un stylo d’ovitrelle qu’il tenait dans sa main. hum hum), vous prenez le gras du ventre comme ça (merci pour le coup du gras), vous piquez et voilà. » C’est vrai, ça n’a pas l’air compliqué. Je me pointe à la pharmacie à 18h (oui mon rendez-vous était tard pour une fois). Je rentre chez moi. Y’a un problème là : des cartouches d’hormones, ok, des aiguilles, ok. Mais il ne m’a pas parlé d’un stylo ? Je retourne à la pharmacie (heureusement qu’elle est à deux pas de chez moi car j’y passe du temps là bas !).

La pharmacienne : »ha oui, votre médecin n’a pas prescrit le stylo sur l’ordonnance. Ha…et je n’en ai pas en réserve (oui j’habite un petit village !). J’en aurai demain, ça ira ? »

Moi : » Quoi ????? non ça n’ira pas ! Ma première piqûre est prévue ce soir !! »

Et là (vive les petits villages), branle-bas de combat : la pharmacienne se souvient qu’une de ses clientes a eu ce traitement. Elle l’appelle (entre temps elle ferme la pharmacie. Bah oui il est 19h passé avec tout ça !). Super elle amène son stylo dans 20 min le temps de faire la route (sympa la nana !). Je réceptionne le stylo.

Et là, moi, comme une fleur « heuuuu comment ça marche ? ».

Et la pharmacienne « mais il y a bien une infirmière qui va venir vous faire votre première piqûre hein ? ».

Moi : « non. Le médecin a dit que c’était simple. »

Et v’là la pharmacienne qui pique une colère :  » c’est n’importe quoi, c’est quoi ce médecin, on ne se pique pas toute seule quand c’est la première fois. Bon je vous donne le numéro d’une infirmière. Vous l’appelez, elle vous guidera au téléphone. »

Je rentre chez moi, j’appelle, elle me rassure en disant que c’est facile avec ce stylo là. J’exécute et tout se passe bien. Avec le recul je me dis que c’est vrai qu’il n’y a rien de difficile mais, merde ! C’était la première fois que je m’enfonçais une aiguille toute seule ! En tout cas, je peux vous dire que lorsque je suis passée au Menopur, j’ai directement appelé une infirmière pour me montrer (ouais, les dilutions, les machins, très peu pour moi. Surtout quand Paloquace m’a expliquée et que je n’ai rien capté). Bon, et épilogue de cette sombre histoire : quelques jours après je vais voir Paloquace pour mon contrôle.

Moi (juste avant de donner ma carte vitale) : « oui je voulais vous dire que vous aviez oublié de prescrire le stylo, que ça a été très compliqué pour en trouver un le soir et de faire la première injection seule. » Lui : « mais ça s’est bien terminé, vous avez réussi ? » Moi : »oui, grâce à une dame qui… » Lui (qui me coupe) : « bon bah tout est réglé. Votre carte vitale s’il vous plaît. » Ok…..je sors….

Tout ça pour dire que j’ai bien failli changer de gynéco. Son manque de communication m’a fait de la peine. Courir après lui pour avoir mes explications aussi. Je ne me sens pas considérée comme une personne qui peut potentiellement souffrir de cette situation. Je sais bien qu’il ne sont pas psychologues, qu’ils n’ont pas le temps en 15 min que dure le rendez-vous de papoter, d’écouter nos états d’âme, et même de nous expliquer en détail mais merde ! On est humain, non ?! Le soir où je faisais mes recherches pour trouver un autre médecin,  il m’a appelé (au moins 15 minutes !!) pour me dire qu’il ne pouvait pas me dire quand, mais qu’un jour je serai enceinte, qu’il en était sûr. C’est la seule fois où ses paroles m’ont fait du bien et où je l’ai senti humain. Et c’est grâce à cette phrase que je n’ai pas changé. Bon, de toute façon, la FIV se profilant, je vais changer de gynéco car Paloquace ne s’en occupe pas. Je vais donc me retrouver avec Dr Paul Nord qui n’est pas réputé pour sa chaleur, non plus ! Mais bon, au bout de 2 ans et demi je suis rodée, et prête à commencer une nouvelle histoire avec un autre glaçon !